Rose Poney (projet)

Publié le par Aurélie Genêt

Rose Poney (projet)

Cette petite page pour présenter un projet qui me tient à cœur.

Il s'agit d'un court roman, ou d'une longue nouvelle si vous préférez puisqu'il compte environ 120 000 caractères.

C'est pour moi l'occasion de tenter deux nouveautés en une.

La première, c'est l'auto-édition

Sur les salons du livre, j'ai rencontré nombre d'auteurs auto-édités et, ma foi, ils étaient plutôt satisfaits de leur sort. Finalement, par rapport aux auteurs publiés dans de toutes petites maisons d'édition (la majorité, en fait), ils ne paraissent pas plus mal lotis. Certes, certaines portes leur restent fermées... mais elles le sont souvent tout autant aux micro-éditeurs (promotion, visibilité...).

Du coup, m'est venue l'idée: pourquoi ne pas essayer? Cela me permettra d'en parler d'expérience. Je m'en mordrai peut-être les doigts, mais je ne veux pas déprécier ou louer quelque chose juste par ouïe dire, alors que je ne l'ai pas moi-même vécu. Donc, allons-y pour l'auto-édition.

Tout est fait, texte protégé, imprimerie trouvée, coût évalué, demande de numéro ISBN envoyée... Même la couverture est en cours de réalisation. Par moi-même... Alors, c'est vrai, je ne suis pas dessinatrice, je ne possède même pas Photoshop. C'est vrai, ma couverture ne répond pas aux standards du genre, ni aux règles implicites d'une couverture qui attire le chaland, mais je trouve qu'elle me correspond, ainsi surtout qu'à mon texte. Et je l'aime bien. Après tout, puisque je m'auto-édite, autant en profiter pour faire ce qui me plaît quitte à envoyer promener toutes les règles. Si je n'en profite pas maintenant, quand le ferai-je?

Mon but était: une couverture simple, graphique, avec peu de couleurs. Une ville symbolique, grise, déshumanisée, et un petit poney réaliste (mais d'un rose éclatant qui attire l’œil) qui s'y oppose complètement. Mon nom qui se fond dans l'aspect graphique de l'ensemble (peu importe qu'il soit peu visible, ce n'est pas une information capitale) et un titre dans la même police que le roman lui-même. L'objectif est avant tout d'obtenir une lecture d'image facile.

Un roman pour tous

Mon métier d'orthophoniste n'est pas étranger à l'objectif principal de cet écrit. L'idée est née l'année dernière, lors des Imaginales d'Épinal. Une dame regardait l'un de mes romans (imprimé en fort petits caractères, avec des marges inexistantes dans une mise en page peu confortable). Elle lit la quatrième de couverture et s'avisa alors de ma profession qui y est précisée.

«Ma fille est dyslexique, me dit-elle. Pourquoi ne faites-vous pas des livres que les gens comme elle peuvent lire? Elle aime les livres, mais c'est moi qui lui fait la lecture. Celui-là serait impossible pour elle.»

Elle avait bien raison, cette dame. La plupart des éditeurs de l'imaginaire (genre prisé des jeunes) sont de petits éditeurs. Alors, ils réduisent les coûts (ce qui se comprend, je ne critique pas). Et comme les romans de ce genre sont bien souvent des pavés, ils font une mise en page serrée et utilisent une police de taille ridicule. Laissant ainsi sur le côté non seulement les jeunes (et adultes, les troubles de la lecture ne disparaissant pas après l'enfance) qui ont des difficultés, mais adoreraient pourtant lire ces histoires, mais également les personnes d'un certain âge qui n'ont plus la qualité de vue d'un adolescent. En somme, une grosse, très grosse partie de la population.

J'ai donc cherché ce qui se faisait en édition pour la population concernée. Soyons honnêtes, il n'y a pas grand chose. A l'heure où l'on veut obliger tous les cabinets de santé, commerces... à s'adapter aux fauteuils roulants, personne ne pense à l'accès à la lecture des dyslexiques pourtant nombreux (ce qui est pourtant bel et bien un handicap). Les seules collections qui existent s'adressent surtout aux enfants d'âge primaire avec des petites histoire sympathiques, d'accord, mais trop simplistes pour intéresser ados et adultes (n'oublions pas que les troubles de la lecture n'ont rien à voir avec l'intelligence et qu'un dyslexique peut tout à fait avoir un QI de génie). Comme si le problème s'évanouissait de lui-même quand les personnes concernées prennent de l'âge.

En m'intéressant à la réalisation concrète, j'ai compris: une mise ne page adaptée fait plus que doubler (voire tripler) le nombre de pages et donc multiplie d'autant le coût de l'impression. Un éditeur ne va pas publier un roman dont déjà la moitié du prix partira dans l'impression. Sinon, que restera-t-il pour le libraire, le distributeur, le diffuseur, l'éditeur et éventuellement l'auteur (je le mets en dernier, c'est lui qui touche le moins sur ses propres livres, il faut le savoir)? Ou bien, il faudra mettre l'ouvrage à un prix prohibitif. Or, je souhaitais pour ma part le proposer à un tarif raisonnable.

Adaptations

C'était donc le moment pour moi de tester l'auto-édition. J'ai pris mon courage à deux mains et revu entièrement une histoire que j'avais déjà dans mon ordinateur (inspirée d'une petite nouvelle, beaucoup plus courte, que j'avais postée ici même et qu'il m'avait plu d'étoffer) et qui, vu sa longueur, ne correspondait pas vraiment à un format classique de publication. Pourquoi un roman si court? Déjà parce qu'une longueur «normale» aurait, vu la mise en page, nécessité plusieurs tomes. Ensuite, parce que pour quelqu'un qui peine à lire, imposer d'emblée la lecture de 500 pages est décourageant.

J'ai donc fait plusieurs adaptations.

- D'abord au niveau forme, avec une police de caractère spécialement adaptée aux dyslexiques, et qui convient aussi parfaitement à une qualité visuelle détériorée. Bien sûr, la taille de la police est elle aussi facilitatrice, ainsi que l'espacement entre les caractères et entre les lignes. Des passages à la ligne mis en évidence par des repères, des sauts de lignes plus nombreux que la normale...

- Puis, au niveau fond, avec un travail sur la syntaxe et la structure des phrases pour favoriser la compréhension et la mémorisation, un travail sur le vocabulaire aussi, qu'il ne soit pas trop difficile à lire (il s'agit là de l'aspect «lecture», et non de l'aspect «sens», qui lui ne doit en rien être simpliste). Des chapitres et paragraphes courts, toujours dans le même but.

- L'impression devrait se faire sur un papier 90g (et non 80g comme souvent). C'est plus coûteux, mais cela évite de voir par transparence le texte du verso de la page, ce qui peut gêner la lecture.

- Et bien entendu, un prix abordable (je l'évalue à 10 euros) afin qu'il soit accessible.

Tout cela, évidemment, facilite l'accès aux personnes en difficulté de lecture, mais ne gêne pas les autres qui peuvent tout autant le lire.

Ce fut un travail moins simple qu'il n'y paraît, j'espère l'avoir mené à bien. L'avenir le dira.

À présent, le projet touche au but. Je croise les doigts pour que les dernières phases se passent bien. J'ai trouver un imprimeur qui convient et fort sympathique. J'ai reçu mon numéro ISBN pour que mon roman soit répertorié en bonne et due forme. la couverture est enfin fini (ce ne fut pas le plus simple pour avoir la bonne qualité, le bon format)...

L'histoire

Un mot sur l'intrigue tout de même, ça compte aussi.

Elle se déroule dans un lieu que les amateurs de romans post-apocalyptiques connaissent déjà: une ville fermée, protégée du monde extérieur trop pollué par un dôme. Même si, ensuite, l'histoire elle-même s'éloigne de ce qui est connu.

Dans la ville, l'humanité, devenue stérile, est en train de disparaître. Seuls quelques enfants clonés y vivent encore. A l'extérieur, ceux qui furent abandonnés sur place lors de la construction de la cité trop petite pour tous, sont devenus des mutants, des monstres à l'espérance de vie ridicule.

Le narrateur (dont on ne connaîtra jamais le nom) vit avec sa fille,clone de son épouse morte accidentellement. Pour tenir compagnie à la petite Éva, il pense lui offrir un animal de compagnie, animaux créés artificiellement par le génie génétique pour être adaptés au mode de vie humain. Comme ces bêtes sont trop chères pour lui, il achète finalement à un marchand illégal un poney de contrefaçon. L'animal, d'un rose peu discret, est nommé Farfadet. Il ressemble à une grosse peluche, peine de gentillesse, parfaite pour une petite fille.

Mais les apparences sont parfois trompeuses.

Comme pour la couverture qui joue sur l'opposition ville grise, géométrique/poney rose tout, l'intrigue joue sur l'opposition entre l'apparence toute mignonne du poney et une ambiance loin d'être enfantine et gentillette. Mais je vous laisse la surprise.

Pour en savoir plus ou commander ce roman, rendez-vous à la page qui lui est dédiée:

http://lesmotsdag.over-blog.com/rose-poney-roman-court.html

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