La route de l'or (Scott O'Dell)

Publié le par Aurélie Genêt

couverture de la nouvelle édition qui met en avant le titre de l'animé
couverture de la nouvelle édition qui met en avant le titre de l'animé

Une petite critique sur un roman jeunesse paru dans les années soixante, que je viens de lire et qui, à mon avis, n'a pas pris une ride.

Je le conseille aux jeunes lecteurs amateurs de romans historiques, de grandes découvertes, d'aventure, mais aussi de réflexion et de textes réfléchis, non manichéens.

Je ne m'en cache pas, si j'ai lu ce roman, c'est d'abord par curiosité, sachant que le dessin animé les Cités d'or (l'un des préférés de mon enfance) en était inspiré. Soyons honnête: les seuls liens entre les deux sont que les personnages recherchent les cités d'or et que certains personnages (3 seulement si je ne m'abuse) portent le même prénom (mais n'ont ni le même caractère, ni le même âge). Ça s'arrête là. Au point que je me demande même pourquoi les concepteurs de l'animé ont jugé opportun de reprendre ces prénoms. Ils les auraient changés, personne n'aurait imaginé ce livre comme source d'inspiration.

Quoi qu'il en soit, c'est un roman clairement jeunesse (première édition française en Castor poche, une édition que j'appréciais beaucoup dans mes années de primaire), cela se ressent à la simplicité du style (encore que sur une traduction, ce soit difficilement évaluable) qui n'en est pas moins agréable, et sur le fait que certains aspects ne soient pas aussi creusés que je le souhaiterais en tant qu'adulte (décors, aspects culturels de la vie des indiens que j'aurais aimé voir plus développé, réflexions quant à la situation aussi). Malgré son épaisseur déjà importante, cette simplicité fait qu'il se lit très vite, en tout cas, pour un adulte.

Simplicité ne signifiant pas simplisme, comme certains semblent le croire en littérature jeunesse aujourd'hui, il ne prend pas les jeunes lecteurs pour des imbéciles. Le thème est sérieux, les personnages loin d'être tout blancs ou tout noirs, nul adolescent seulement occupé d'amourettes collégiennes se muant soudain en héros pour sauver l'Amériq... le monde libre...

Le personnage principal et narrateur de l'histoire, le jeune cartographe Esteban, reste souvent dans un rôle d'observateur face à cette aventure où il est entraîné plus ou moins malgré lui. Plutôt passif, s'il n'est pas mauvais, il n'agit cependant pas non plus en «bon» en faveur des indiens par exemple. Depuis la prison où il attend son jugement qui risque d'être fort sévère, il raconte comment il en est arrivé là, depuis la galion espagnol où il travaillait comme cartographe, jusqu'au moment où il est arrêté après avoir perdu tous ses compagnons de route.

J'ai apprécié les personnages, depuis le narrateur qui, s'il manque pas mal d'initiative, est réaliste (plus d'ailleurs que les trois insupportables gamins de l'animé qui se tirent de toutes les situations, sont plus intelligents que les adultes et savent tout mieux que tout le monde. Même lorsque j'étais toute jeune, les enfants ou ado héros m'ont toujours laissée dubitative), jusqu'au capitaine Mendoza qui est pourtant un homme rendu assez fou par sa soif d'or qu'il en fait passer ce dernier devant n'importe quelle vie humaine (en cela, je suis peut-être encore un peu influencée par l'animé, je le reconnais), en passant par l'éclaireuse Zia ou le paisible père Francisco, seul personnage peut-être a réellement se soucier d'autrui.

J'ai apprécié que les personnages, après avoir traversé des épreuves terribles, puissent mourir «bêtement». Voilà aussi qui apporte une touche de réalisme, mais qui durcit également le propos.

Par contre, les soldats espagnols se sont plus ou moins confondus pour moi en un seul assez interchangeable, car manquant de profondeur. C'est un petit défaut que je trouverais à cette histoire, toute «jeunesse» fut-elle, le manque de profondeur hors les quelques premiers rôles.

L'intrigue quant à elle est simple: dans le nouveau monde, durant la première moitié du XVIe siècle, un petit groupe de personnes, dont le narrateur, sous les ordres du capitaine Mendoza, fait bande à part de l'armée de conquête espagnole en espérant découvrir sept légendaire cités d'or. Face aux Indiens dont ces aventuriers ne comprennent pas la culture, l'avidité les poussera à la témérité, mais aussi à des actes bien peu glorieux, jusqu'à causer la mort de certains d'entre eux.

J'en profite également pour grandement recommander l'animé, Les Cités d'Or, à ceux qui le ne le connaîtraient pas encore. Je ne peux conseiller que celui que j'ai connu enfant, créée en 1982. Il existe une suite, moderne (2013, je crois). Je ne l'ai pas vue. L'histoire est peut-être très bien, les dessins plus simples des personnages (notamment les expressions faciales) ne me plaisent guère. Je la regarderai peut-être un jour ou l'autre, dans ce cas, je le signalerai ici.

couverture de la première édition française

couverture de la première édition française

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