A proprement parler ( Allain Glycos )

Publié le par Aurélie Genêt

Aimant faire des découvertes, j'ai coché complètement par hasard ce titre proposé lors d'une masse critique organisée par Babelio (voir mon article: http://lesmotsdag.over-blog.com/2014/01/babelio.html . D'ailleurs, depuis cet article, je suis passée à 1580 livres lus, et ce n'est pas fini). Jamais je n'aurais pensé à acheter de moi-même ce tout petit livre (une centaine de pages) d'un auteur inconnu de moi et d'une maison d'édition que je ne connais pas plus. Et je serais bêtement passée à côté d'un bon moment.

Ce n'est pas un vrai coup de cœur comme ceux que j'envisageais de mettre sur ce blog, mais comme je joue le jeu de Babelio, il est normal que je publie cet article ici. D'ailleurs, j'ai assez aimé ce livre pour qu'il le mérite.


Car ce fut une excellente surprise, trop vite lue, qui m'a fait beaucoup sourire, et même rire parfois.
Mais comment raconter, ou même analyser, ce petit livre inclassable?
Est-ce un roman? Pas sûr, cela s'apparente davantage à un exercice de style.
Un prétexte: la sœur du narrateur (de l'auteur puisque le narrateur a les mêmes initiales que lui) dit lors d'un repas de famille une phrase toute simple : "je ne me souviens pas l'avoir vu se laver". Pour le narrateur, cette phrase est au contraire pleine de sens, avec une lourde portée (d'autant plus qu'il s'agit d'un alexandrin), car "ne pas l'avoir vu se laver" n'est-ce pas sous entendre qu'il est sale?
Autour de cette phrase qui revient comme un leitmotiv au fil du texte se construisent des interprétations et des suppositions de plus en plus abracadabrantes, alors que le narrateur montre une paranoïa croissante. Petit à petit, ce n'est plus seulement sa sœur qui, à ses yeux, lui en veut, mais aussi sa femme, sa voisine, une collègue, une amie... et finalement le monde entier (monde entier très féminin, on le remarquera).
L'auteur joue autant sur les idées (par exemple: il accuse sa sœur d'avoir dit cette phrase en sachant qu'il ne peut s'empêcher d'écrire les phrases qu'il entend. Elle sait donc qu'ensuite, puisqu'il l'a écrite - et publiée - tout le monde sera au courant) que sur les mots (toujours autour de sale et propre; par exemple, sur les noms propres salis par son attitude). Tout, autour de lui, devient une évocation et une accusation de sa supposée saleté.
Certains passages m'ont fait penser aux sketchs de Raymond Devos, et je crois qu'ils passeraient très bien sur scène, racontés avec autant de verves qu'ils sont écrits.


En résumé, si vous voulez une lecture rapide, facile, mais agréablement écrite, pour passer un petit moment de détente, ponctués de passages réellement savoureux, si vous n'avez pas peur de sourire tout seul ou d'éclater de rire en public, n'hésitez pas à vous tourner vers ce petit ouvrage pour le déguster dès que vous avez un moment.


En tout cas, cela m'a donné envie de découvrir d'autres œuvres de cet auteur et d'autres publications de l'Escampette

Publié dans coup de coeur, critique, babelio

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