Le Hussard, de Arturo Pérez-Reverte

Publié le par Aurélie Genêt

Je n'ai pas l'intention de faire ici de critiques, de peser le pour et le contre de tel ou tel roman, d'en démolir un parce qu'il n'a pas l'heur de me plaire alors qu'il plairait à d'autres lecteurs (voir un prochain article sur les critiques et blogs littéraires).

Aussi ces chroniques se résumeront-elles aux livres que j'ai particulièrement aimés, en espérant vous donner envie d'en savoir plus et de les ouvrir vous-mêmes.

J'ai découvert Pérez-Reverte par le Club Dumas, puis par le Capitaine Alatriste. Logique pour une lectrice comme moi, ayant particulièrement le goût du XVIIè siècle et appréciant Dumas. Si j'ai aimé ces deux romans, romans d'aventure enlevés et plaisants, clairement sous influence "dumasienne" (ce qui est loin d'être un reproche), j'ai été marqué par un tout petit livre, le Hussard.

Le Hussard

Ce roman est le premier de l'auteur. Il date de 1984, et réédité avec des retouches en 2004. C'est à ce moment-là que je l'ai lu.

Pérez-Reverte était correspondant de guerre et cela s'en ressent. Il a vu l'horreur de la guerre, son côté sale et sans honneur et c'est ce visage qu'il nous montre, même s'il cache cette vérité éternelle sous un roman historique placé en pleine épopée napoléonienne.

Le personnage principal, Frédérique, jeune hussard, est pétri d'idéaux. Il croit en ces valeurs véhiculées par la France d'après la Révolution. Il est persuadé, en entrant dans la bataille, secourir le peuple espagnol, leur apporter progrès et liberté (ça ne vous rappelle pas d'actualités pas si lointaines?). Il découvre sans le comprendre que ce peuple qu'il croyait aider ne veut pas de cette guerre et considère cette armée "libératrice" comme celle d'envahisseurs. Il se croyait héros, il est accueilli avec haine.

Surtout, cette guerre qu'il imaginait belle et noble, il en voit la réalité, la boue et le sang, la violence, la mort qui, contrairement à ce qu'il croyait, n'est jamais grande.

L'histoire tourne à l'horreur, sombre et intime, faite de solitude et d'espoir devenant désespoir, car nous voyons cette guerre, non de loin, spectaculaire, avec des armées de centaines d'hommes, mais de près à travers les yeux de Frédérique. Comme si on y était.

Je ne révélerai pas la fin, mais elle est logique et inévitable.

Un roman aussi beau que cruel, un roman à lire pour voir la réalité de la guerre, la vraie, la guerre des hommes et des soldats, loin de celle décidée dans les état-majors.

Je préfère prévenir les plus sensibles qu'à part si l'on arrive à prendre du recul, les dernières pages sont aussi réalistes que dures. Et pourtant, je vous le conseille de tout mon cœur, et j'aimerais pouvoir le conseiller à tous les généraux du monde.

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